DAN FLAVIN : DE SIMPLES TUBES FLUORESCENTS

Sous le commissariat d’Erik Verhagen
 

Dan Flavin. De simples tubes fluorescents. Œuvres 1963 – 1990
 

Dan Flavin (1933 – 1996) produit une première œuvre à base de tubes fluorescents, en l’occurrence d’un tube, en 1963. Intitulée the diagonal of May 25, 1963 (to Constantin Brancusi), celle-ci annonce tous ses travaux à venir et pose les bases d’un cahier des charges auquel il restera fidèle tout au long de sa trajectoire. L’artiste se refuse en effet à partir de cette date à toute intervention « manuelle » en n’ayant désormais recours qu’à de « simples » – le terme est fréquemment utilisé par ses commentateurs – matériaux disponibles dans le commerce.

Les formes, épurées et géométriques, sont minimalistes et propices à d’innombrables variations à travers lesquelles Flavin alterne les tailles des appliques et des tubes, l’ordre de leur agencement, leur nombre, progression, configuration et orientation. Selon les cas, elles sont symétriques ou non. Posées à même le sol ou élevées. Elles peuvent adhérer à un ou plusieurs murs mais aussi s’articuler autour d’angles que l’artiste aime épouser afin de signifier que les supports sur lesquels les travaux s’appuient ne sont pas des entités neutres.

A ces questions d’ordre formel se greffe bien entendu une donnée chromatique permettant à Flavin de déployer un large spectre de tonalités qui inscrivent sa pratique, qu’on le veuille ou non, dans une longue tradition picturale. Ses monuments à Tatlin, tout comme son hommage à Brancusi, disent par ailleurs sa dette envers un héritage européen que peu d’artistes minimalistes états-uniens de sa génération ont bien voulu reconnaitre. Les œuvres retenues pour cette exposition traduisent la diversité de son propos et témoignent, compte tenu de l’immatérialité du médium qu’il a fait sien, de la difficulté à les circonscrire. Un matériau qui dessine un espace flottant avec lequel nous spectateurs et spectatrices formons un ensemble aux contours indéterminés.
 
— Erik Verhagen, Historien de l’art, Critique d’art

 
Photo: Sylvie Léonard © Dan Flavin Estate

Partagez cette page